
Contre un projet de centre de données massif
By admin3485, 27 octobre 2026
Dans l’Utah, la mobilisation citoyenne s’intensifie contre un projet de centre de données massif.
Le projet « Stratos » consiste en la création d’un immense centre de données « hyperscale » (à très grande échelle) et d’un campus énergétique, situés dans la vallée de Hansel, dans l’ouest du comté de Box Elder, dans l’Utah. Il s’agit d’un nouveau terrain de conflit aux États-Unis, tout particulièrement dans le secteur de l’énergie.
Ce projet, baptisé « Stratos » et porté par Kevin O’Leary — un investisseur américain de premier plan —, illustre les répercussions de la course à l’intelligence artificielle sur le territoire et son environnement. À pleine capacité, Stratos nécessiterait une puissance phénoménale de 9 gigawatts (GW). C’est plus du double de la consommation électrique moyenne de tout l’État de l’Utah, qui avoisine les 4 GW.
Ce conflit constitue, à bien des égards, un microcosme du débat plus large autour de l’intelligence artificielle. Alors que de riches promoteurs formulent des promesses ambitieuses quant aux bienfaits de cette technologie, de nombreuses personnes s’inquiètent des conséquences de cette course effrénée au développement d’une technologie appelée à transformer le monde — une technologie dont elles ne veulent peut-être pas et sur laquelle elles ont très peu leur mot à dire.
Selon des chercheurs, le déploiement d’infrastructures colossales dédiées à l’IA pourrait, à court terme, entraîner des surcharges locales sur le réseau, faisant ainsi grimper les factures d’électricité des habitants.
L’intelligence artificielle assèche les ressources de la région. Face à un réseau public incapable d’absorber une telle hausse de la demande sans risquer la défaillance, les promoteurs prévoient de construire leur propre centrale thermique privée. Cette installation serait alimentée directement par le « Ruby Pipeline », un vaste gazoduc reliant plusieurs États de l’Ouest américain. Sur le papier, la promesse semble séduisante : les serveurs ne prélèveraient « pas un seul électron » au détriment des habitants. Sauf que ce tour de passe-passe énergétique ne fait que déplacer le problème. Pour faire tourner les turbines de sa centrale et alimenter ses puces dédiées à l’IA, le campus devra brûler 12,7 milliards de mètres cubes de gaz par an, selon les calculs de l’ONG Utah Clean Energy. Cela représente une fois et demie la consommation annuelle totale de l’Utah, incluant aussi bien les particuliers que les industries.
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